L’espèce pompeusement qualifiée de dominante, l’Homo sapiens au carré, en un mot l’Homme, se considérant comme la plus intelligente et la plus « évoluée » de la planète, a toujours cru et croit encore dur comme fer que Gaia, cette boule bleue vue du Cosmos, lui appartient de plein droit. Ainsi pensent du moins l’Occidental, les chrétiens, les musulmans et tous ceux qui ont été nourris aux mamelles du capitalisme et des religions monothéistes. L’Oriental, l’animiste et quiconque a l’esprit ouvert savent pertinemment et au fond d’eux-mêmes que l’être humain ne possède rien et qu’affirmer le contraire s’avère des plus illusoire. Comme disait le groupe Sexion d’Assaut dans l’un de ses raps : « Rien n’t’appartient. Ni ta femme, ni tes marmots ni tes biens ». Nous ajoutons : « Ni cette planète ni ton âme »…

A.   L’âme, l’esprit ne sont pas à nous

Ce qui reste de l’homme après qu’on l’a ou qu’il s’est débarrassé de sa carcasse de chair, de sang et d’os, bref, de sa matérialité, ce vil support qui lui permet d’expérimenter avec plus ou moins de succès l’environnement 3D, est appelé esprit, âme, l’un n’excluant guère l’autre et peu importe d’ailleurs. Nous n’allons pas ici pérorer sur la nature de ces éléments, que nous appelons grossièrement la partie immatérielle de l’être humain.

Les partisans des systèmes monothéistes le savent bien : Dieu, Allah, Jéhovah ou quelque autre dénomination que l’on donne à l’Être Suprême, a tout créé, donc l’esprit et l’âme. Une fois atteinte l’heure de notre trépas, le principe non physique, selon l’expression populaire, « retourne auprès du Père », son proprio. Nous ignorons ce qui advient aux âmes qui se sont illustrées en ce bas monde dans une pratique acharnée du Mal. Quoi qu’il en soit, avant ou après notre décès, nul ne peut prétendre maîtriser totalement les arcanes régissant la destinée finale de notre être immatériel dont nous n’avons par ailleurs que de fort vagues connaissances, quand bien même nous croirions mordicus le contraire.

Nous trouvons plus séduisante (ce qui ne veut pas dire qu’il s’agit de la vérité) la position des Orientaux et des animistes que partagent pas mal d’ésotéristes et chercheurs du spirituel, ceux-ci n’hésitant pas à sortir allègrement des sentiers battus : l’esprit (ou l’âme) obéit à un contrat de vie signé dans l’au-delà bien avant son intégration dans un corps physique, en quelque sorte bien avant la naissance. Une fois ledit contraire rempli plus ou moins fidèlement, cet esprit migre dans un autre corps physique et ce, plusieurs fois et à chaque fois selon une durée dépendant de plusieurs facteurs impénétrables à nous, pauvres mortels biodégradables. Vous l’aurez vite compris, nous exposons ici, certes un peu maladroitement, la théorie de l’incarnation.

Les new-agiens et ufologues versés dans le mystère des trucs occultes poussent encore plus loin la réflexion : certaines âmes, si pas toutes, proviendraient d’une autre planète ! Autrement dit, certains, si pas nous tous, seraient des créatures extraterrestres investissant un corps physique faisant office de « container ». Un peu comme un troc, à notre mort, l’entité change d’enveloppe charnelle selon un mode opératoire nébuleux. Cette conception des choses, assez troublante, a le mérite d’être également inquiétante, voire avilissante pour le genre humain qui passe pour quelque bétail servant à des fins insoupçonnées. Qui tire les ficelles dans les coulisses ? Telle est la question à 1 000 000 000 de balles…

B.    La Terre non plus n’est pas notre propriété

En ce bas monde, l’homme n’est qu’un passager, un pèlerin qui se prépare à entreprendre un autre voyage vers ailleurs, hors de la « physicalité », un ailleurs souvent désigné sous le vocable de « au-delà ». Le chrétien ne cesse de le répéter : on n’est pas de ce monde. De quel monde alors ? C’est le grand flou. Une chose semble néanmoins acquise : il s’agit d’un ou de plusieurs lieux gouvernés par des lois échappant grandement à ce que nous considérons comme lié à la matière palpable et décelable par nos cinq sens communs. À quelques exceptions près, si l’on doit prendre pour vrais les récits d’enlèvement jalonnant les textes anciens, récits à travers lesquels des témoins privilégiés ont eu à visiter ces endroits, voire ont eu à y demeurer perpétuellement, hors de la Terre cela s’entend, corps et âme, donc physiquement.

Et si cet « au-delà », du moins dans certains cas, était bel et bien une autre sphère de vie, une biosphère autre que notre belle boule bleue ? Au regard de plusieurs textes anciens, il y a de quoi fortement le suspecter. Jésus ne dit-il pas qu’il y a « plusieurs demeures pour vous dans le ciel » ? Et quelle est donc cette « nouvelle Terre » et ces « nouveaux cieux » où les gens vivront éternellement après que leur équivalent ancien sera détruit ? Les religions et traditions indiennes (autant de l’Ancien que du Nouveau Monde) n’hésitent pas, de leur côté, à nous renseigner que le principe immatériel de l’homme provient d’autres astres et une fois la mort physique consommée, ledit principe regagne parfois ces astres en vue de poursuivre son incarnation dans d’autres enveloppes non terrestres.

Par conséquent (et nous l’avons écrit dans le point précédent), la planète Terre constitue une espèce de terrain d’expérimentation pour diverses âmes (ou divers esprits). Une biosphère dont on ne maîtrise ni les origines ni le fonctionnement, mais qu’il nous est chargé, aux dires de la Bible, de dominer. Pour l’instant, cette mission semble avoir plus de ratés que de succès. Au-delà du péché et de la souillure qui caractérisent le genre humain et qui le poussent tôt ou tard à opérer de mauvais choix, nous estimons que l’Homo sapiens sapiens ne peut impunément se permettre de manipuler certaines forces de la nature ou de commercer avec certains êtres de son plein gré. L’homme ne serait alors qu’un concessionnaire, à la rigueur emphytéote, et seulement de quelques éléments de la surface et non du globe terrestre dans son entièreté. En effet, selon plusieurs ésotéristes et les partisans de la Terre creuse (qui comptent également un nombre non négligeable d’ésotéristes), quantité de créatures pas forcément tridimensionnelles squatteraient les entrailles les plus profondes de notre planète et ce, depuis des « éons » (c’est-à-dire depuis des temps immémoriaux), bien avant que notre humanité n’existe. Inutile de préciser que lesdites créatures ont une origine extraterrestre… du moins pour la plupart. Ont-elles été créées à l’image de la Divinité ? Cela est un autre débat, objet d’un autre article…